Derrière chaque paysage intact de Lanzarote, il y a des gens qui travaillent. L'île entière est Réserve de biosphère depuis 1993 — pionnière mondiale en la matière avec sa population incluse — et Géoparc UNESCO depuis 2015. En mer, la plus grande réserve marine d'Europe protège le Chinijo, l'Angel Shark Project étudie et défend l'ange de mer, et les centres de sauvegarde de la faune soignent des tortues et les rendent à l'océan. Sur terre, chaque soupir du volcan est surveillé, des puffins sont sauvés chaque automne avec l'aide des citoyens, et des bénévoles nettoient les côtes le week-end. Même l'art protège : le Museo Atlántico est un récif artificiel délibéré. Envie de vous joindre ? Il y a des nettoyages ouverts à tous, de l'observation responsable et des projets qui accueillent chaque coup de main avec gratitude. Prendre soin de l'île est un sport local — et il recrute.
La conservation à Lanzarote n'est pas un service administratif : c'est une tradition dotée d'une véritable architecture institutionnelle. Cela vaut la peine de connaître les gardiens — parce que leur travail est la raison pour laquelle l'île que vous visitez ressemble encore à celle des photos.
Le grand cadre a été posé par deux labels de l'UNESCO. En 1993, Lanzarote a réalisé quelque chose alors inédit : être déclarée Réserve de biosphère dans sa totalité — non pas un parc, mais l'île entière, avec ses 100 000 habitants de l'époque, ses villages et son économie. C'était la reconnaissance de l'expérience lancée par César Manrique et le Cabildo : démontrer que tourisme et territoire pouvaient signer la paix. En 2015 est arrivé le second label, celui de Géoparc mondial de l'UNESCO, qui protège et fait connaître le patrimoine géologique — du Túnel de la Atlántida aux hornitos — avec signalétique, éducation et science. À cela s'ajoutent le Parc national de Timanfaya (1974), les parcs naturels et un réseau d'espaces protégés qui couvre une part notable du territoire insulaire.
En mer, la liste des gardiens est tout aussi sérieuse. La réserve marine de l'archipel Chinijo (card 14) démontre depuis 1995 que protéger produit de l'abondance. L'Angel Shark Project — une collaboration scientifique internationale ayant une base de travail dans ces eaux — marque, recense et étudie les anges de mer pour sauver l'espèce la plus menacée de l'Atlantique européen (card 10) ; ses données, en grande partie fournies par des centres de plongée et des plongeurs bénévoles, guident la protection dans toute l'Europe : de la science citoyenne à l'état pur. Les centres de récupération de la faune soignent chaque année des dizaines de tortues blessées par des plastiques et des filets (card 12) et les rendent à la mer, marquées. Et le Museo Atlántico (card 44) ajoute la touche poétique : un musée conçu pour devenir un récif.
Sur terre et dans les airs, la liste continue. L'Instituto Geográfico Nacional et l'INVOLCAN surveillent le volcan avec des réseaux de capteurs permanents (card 18). Chaque automne, la campagne de sauvetage des puffins mobilise institutions et habitants — touristes informés compris (card 59) — pour rendre à la mer les oiseaux éblouis. Des associations locales organisent des nettoyages de côtes et de fonds marins ouverts aux bénévoles ; la lutte contre le plastique et les micro-plages de déchets marins est constante — l'Atlantique apporte les siens et ceux de la moitié du monde. Et le Cabildo maintient vivant le débat le plus courageux : combien de croissance tient dans 845 km² — un débat que Lanzarote a ouvert au monde du tourisme il y a des décennies.
Un visiteur peut-il faire plus que simplement ne pas gêner ? Oui, et c'est facile : s'inscrire à un nettoyage de plage (annoncé sur les réseaux sociaux locaux), choisir des excursions d'observation labellisées « Barco Azul » (card 11), visiter les centres — chaque billet d'entrée aux CACT et aux espaces protégés finance la conservation —, signaler la faune blessée au 112 et raconter ce que vous avez appris. L'île prouve depuis un demi-siècle que prendre soin est rentable, beau et contagieux. Laissez-vous contaminer : c'est le seul souvenir qui améliore la destination.
