Dans le village de pêcheurs de La Santa déferle une vague que les professionnels du surf prononcent avec respect : El Quemao, une gauche courte, creuse et violente sur fond de lave, surnommée « le Pipeline canarien ». Quand elle fonctionne, on organise la Quemao Class et les chargeurs de grosses vagues du monde entier accourent. À vingt minutes, l'autre face de la médaille : la baie de Famara, cinq kilomètres de sable sous la falaise, l'école de surf parfaite où la moitié de l'Europe a appris à se mettre debout. Lanzarote surfe depuis les années soixante-dix et ça se voit : il y a des écoles, des planches à louer et des vagues pour tous les niveaux — presque toute l'année.
Le surf est arrivé à Lanzarote au début des années soixante-dix, avec les premiers voyageurs qui ont découvert que cette île reçoit, propre et bien rangée, toute la houle que l'Atlantique Nord fabrique en hiver. Un demi-siècle plus tard, la côte nord-ouest est l'une des zones de vagues les plus respectées d'Europe — les surfeurs l'appellent, moitié blague moitié sérieux, « le Hawaï européen » — et la culture surf fait partie du paysage : des vans chargés de planches, des combinaisons qui sèchent sur les rambardes et une communauté locale qui vit les yeux rivés sur les prévisions de houle.
Le joyau de la couronne déferle face au village de La Santa. El Quemao est une gauche (la vague casse vers la gauche vue depuis le large) courte, creuse et percutante, qui lève des tubes parfaits sur un fond de lave à quelques mètres du rivage. C'est une vague d'experts, comparée par les professionnels aux vagues de récif du Pacifique — d'où le surnom de Pipeline canarien. Quand l'hiver apporte le bon swell, la Quemao Class s'active : une compétition sur invitation qui réunit des spécialistes du tube de plusieurs pays ; elle est convoquée avec quelques jours de préavis seulement, quand la mer le décide, et voir les invités s'engouffrer dans ces cylindres d'eau depuis la promenade du village est un spectacle majeur — et gratuit.
À un quart d'heure de là, la baie de Famara est l'autre moitié de l'histoire. Cinq kilomètres de sable doré sous la falaise, avec des bancs qui cassent doux et long : la salle de classe parfaite. C'est ici qu'opèrent la plupart des écoles de l'île, et chaque matin des dizaines de débutants de toute l'Europe célèbrent leur première vague debout. Famara offre aussi des pics pour les intermédiaires et, aux extrémités de la baie, des vagues sérieuses pour ceux qui savent ce qu'ils font. Le reste de la carte est complété par des spots comme San Juan, la Caleta de Caballo ou les droites et les gauches du nord — beaucoup sur roche volcanique, autrement dit : niveau élevé et connaissance locale exigés.
Le bodyboard mérite son propre paragraphe : Lanzarote est une puissance historique de la discipline, avec des vagues sur fond de lave taillées sur mesure et des champions locaux qui ont promené l'île sur le circuit mondial.
Les règles de la maison pour que tout se passe bien : dans l'eau, c'est la priorité qui commande (celui qui est le plus près du pic part en premier), les locaux connaissent chaque rocher — observez avant d'entrer et demandez dans les écoles —, et la combinaison courte suffit presque toute l'année. Vous n'avez jamais surfé ? Famara + deux heures de cours = le sourire le moins cher de vos vacances. Vous surfez depuis des années ? Vous savez déjà pourquoi vous êtes venu.
